Notre quotidien ou une vie avec des enfants !

*** cet article est juste un portrait d’une tranche de vie, une chronique familiale ***

ATTENTION : Si vous n’avez pas d’enfant, lire ce texte est à vos risques et périls : soit vous voudrez des enfants, soit ça vous vaccine contre à vie MDR

 

Nos journées commencent vers 8h pour se terminer vers minuit…

Entre le lever et le coucher : une vie tumultueuse, bruyante, demandant énergie physique et mentale !! Avoir des enfants au quotidien, H24….

Nous valsons entre petit déj, repas du midi et du soir. Mettre les tables et débarrasser, vaisselle (des 3 repas de la journée de 4 personnes. D’ailleurs Mr Loup ne comprend pas comment à 4, il peut y avoir 10 verres de sorti, 12 petites cuillères et presqu’autant de couteaux en une journée alors qu’il lave après chaque repas… Ah oui y a des enfants !! LOL). Rangement. Ménage. Jardin et potager. Les poules. Bricolage. Travaux de la maison. Mécanique voiture. Les courses. Les rendez vous médicaux ou administratifs de uns et des autres. Les activités sportives et culturelles des enfants, les aller/retour pour amener la grande chez ses copines. Parfois des rendez-vous professionnels pour moi. Le développement de notre activité associative et professionnelle. Du temps pour les enfants entre l’instruction en famille, des jeux, des histoires, des câlins, les bobo, les chamailleries, le bain etc. Vivre avec ses enfants H24, faire le choix d’un maternage proximal, d’une éducation bienveillante et d’une vie sans école, n’est pas de tout repos et demande une grande disponibilité… L’instruction en famille, même si nous faisons du unschooling (apprentissages informels), demande une présence et réactivité de chaque instant, pour répondre aux sollicitations (entre les pipi, les besoins de câlins, les fringales… mais aussi d’aide pour réaliser telles ou telles tâches, pour lire ou écrire telles ou telles choses, pour… ). Dans les moments où je craque, où j’aimerai du silence et du temps pour moi, pour notre couple, je crie « je vais vous mettre à l’école et même la cantine, je serai tranquille 6h par jour sans vous et même que le minibus fera les aller/retour à ma place !!!! ». Grande louveteau se marre… Elle sait que jamais nous ne le ferons. Ses rires et ses yeux malicieux me font alors relâcher la pression et j’en ris moi aussi… pendant que Mr Loup me regarde en se retenant lui aussi de rire (ou en me disant « si si l’école » en geste sans le penser non plus LOL). Les km en voiture pour tout ça (et le coût carburant que cela engendre). On fait en moyenne 300/400 km par semaine.

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Quiconque a des enfants sait à quelle point nous sommes sans cesse sollicités et qu’une tâche prenant une heure sans enfant peut en prendre plusieurs avec… Quiconque vit avec des enfants H24 sait à quel point c’est bruyant, c’est mouvement !! Et à quel point la maison ressemble à tout sauf une maison arrivée le soir… entre les jouets qui traînent, les habits et chaussures restés là où ils ont été ôtés. Les livres, crayons etc en vrac, les petits bouts de papier de la 5 ans qui jonchent le sol et qu’il ne faut surtout pas jeter, du rouge à lèvre plein le lavabo, des dessins sur les pantalons… Les lumières allumées de partout (et où tu as demandé 10 000 fois de les éteindre… )…. Quiconque sait à quel point répéter et répéter, faire et refaire rythme notre quotidien…

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Arrivé le soir. Quand il est 23h. La grande est dans sa chambre avec sa tablette et la petite enfin endormie après une ou plusieurs histoire du soir, les bisous, une ou plusieurs tétées (et parfois plein d’excuse pour redescendre pour voir Mr loup). Ouf… Enfin du calme. Enfin un repos où tu peux enfin un petit peu relâcher ta vigilance mentale (juste un peu hein). T’affaler dans la banquette et souffler. Alors moi je lutte un peu contre le sommeil juste pour profiter de cet instant pour être avec mon loup. Juste nous. Quand nous ne sommes pas coupé par un appel ou un pleure… Et oui les cauchemars, envie de pipi, de boire ou les maladies qui se déclenchent surtout la nuit prennent rarement des pauses, elles… Parfois, je m’endors comme une larve dans la banquette contre mon Loup.

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Y a aussi les nuits saccadées, hachées. les cauchemars, pipi, les nuits où tu dois changer les draps plein de vomi, les toux inquiétantes car l’enfant étouffe, les virée à l’hôpital aux urgences pédiatriques, les vers, les pleurs incalmables que tu ne comprends pas et qui durent des heures (et qui te mettent l’estomac et le cœur en compotent tellement ils sont de détresse)… Les nuits passées à bercer, câliner, assis dans le lit ton enfant fiévreux dans les bras et l’inquiétude et que tu essayes de dormir un peu… Y a les nuits, les jours où c’est toi qui est malade, HS, KO, déprimé… mais tu dois être debout quand même, faire ta journée quand même, et le tout avec le sourire et sans crier (enfin tu essayes, hein, parce que ce n’est pas leur faute à eux si tu es malade et sans énergie… ).

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Les nuits aussi à ne pas dormir, parce que ton rôle de père, de mère ne s’arrêtent pas pour autant, et que tu t’inquiète pour ta progéniture, leur avenir, leur vie, ce que tu as à leur offrir, et tu psychotes. Les nuits par exemple à chercher des supports pédagogiques adaptés aux difficultés de ta grande, car tu vois qu’elle en souffre et que la journée tu n’as pas le temps de mettre tout ça en place, et que la nuit ça te fait tellement réfléchir que tu te retrouves devant ton ordi à chercher des solutions et discuter avec tes amies mamans (aussi devant leur ordi pour les mêmes raisons)… ou quand papa Loup fait la vaisselle vers 23h car avant il n’a pas eu le temps ou étend la lessive qui est dans la machine depuis 3 jours…

Y a nos week-end sans les filles, une semaine sur deux où elles sont chez leur papa… qu’on ne voit pas passer, car on en profite alors pour faire plein de chose pour la maison, le terrain etc (comme les lessives, le big ménage, le gros jardinage…). On peut enfin bosser sans être dérangés toutes les 5mn… et puis c’est ça de moins à faire quand elles sont là, et donc plus de temps de qualité avec elles… Puis y a tous les week end qu’on passe à faire une belle chambre par exemple pour la grande ou la petite, pour leur faire plaisir, car on aime leur faire plaisir… et puis c’est notre responsabilité de parents, tous les we passés à fabriquer des ressources pédagogiques (hein… imprimer, plastifier, découper, classer… Y en a qui se reconnaîtrons) et parfois ne jamais les utiliser !!!

Y a ces week end sans les filles, où parfois le soir, au calme devant un film, nous pensons entendre mini nous appeler et un « ahhhh non elle n’est pas là LOL ». Et les sensations de les avoir oublier quelque part parce que c’est bien calme dans la voiture. Et nous savourons ce calme et puis quelque part, nous sommes bien heureux quand elles rentrent, la maison est bien vide au final sans elles. Et puis au bout de 10mn qu’elles sont là, elles se chamaillent, la maison bien rangé ressemble déjà à un champ de bataille et là tu te dis « vivement dans  15 jours LOL ».

Puis, ces week-end sans les filles, bah elles sont quand même là dans nos coeurs et nos esprits. Y a même Mr Loup qui vérifie que nos portables soient bien chargés, parce que faut que le papa puisse nous joindre si il arrive quelque chose, on sait jamais…

Y a aussi ce manque de moyen financier et sa gestion qui n’est plus du tout la même. Nous vivons avec très peu (860 euros pour 4 tout revenus compris). Nous ne nous en plaignons pas. Nous faisons avec. Nous choisissons notre mode de vie et ses avantages/inconvénients (nous préférons une vie ensemble avec peu d’argent et parfois(souvent) la galère, qu’une vie boulot/dodo/garderie-école avec des sous). Mais voilà, il est évident qu’une vie à 4 (bientôt 5) avec aussi peu de sous, ça demande une gestion rigoureuse et des dépenses par priorité. La priorité étant d’avoir un toit, à manger, l’accès aux soins, le carburant pour amener les enfants à leurs activités, aller en courses et aux rendez-vous. Puis, avec le « reste » (quand y a du reste) sont les sorties en famille, les quelques rares restau en meute (parce que les filles aussi ont le droit aux moments de plaisir et pas que de galère), des visites/sorties culturelles, des vadrouilles en camion ensemble, de festival familiaux etc ! Le reste, les sorties, les aller-retour pour aller voir les potes, heu, sont de l’ordre de l’extra bonus… par manque de temps, d’énergie, de carburant pour aller chez eux… Surtout pour aller à des soirées tardives (les potes sans enfants), enfumées, avec des conversations trèssss loin de notre monde, où les enfants s’ennuient et qu’on va payer le lendemain avec des valises sous les yeux et des jours pour s’en remettre… Or, la fatigue, c’est le truc que tu fuis quand tu es parents. Fatigue = pétage de câble = équilibre familiale et du couple en péril = cris, disputes, impatience… etc. On préfère une journée avec ces mêmes potes et amis – parce qu’on à plaisir à partager un moment avec eux – , à faire un repas le midi, une bonne balade l’après midi ou des jeux dans le jardin etc, tous ensemble, adultes et enfants, où tout le monde y trouve son compte et dans une maison sans tabac (et sans odeur de tabac froid). En fait, des sorties et soirées adaptées à une vie de famille pour parents qui pensent qu’un enfant n’est pas une valise qu’on trimballe n’importe où dans n’importe quelles conditions et qui doit s’adapter aux adultes et leurs rythmes. Parce que non, nous ne sommes pas ses parents là (sans aucun jugement pour ces parents là, chacun fait avec ce qu’il est). Nous pensons même le contraire : l’adulte a choisi de faire des enfants et l’adulte doit s’adapter à l’enfant, ses besoins, ses rythmes pour respecter son équilibre physiologique et psycho affectif. Nous n’avons pas mis notre vie entre parenthèse, nous vivons juste une vie différente.

Et la vie qui continue avec son lot incessant de bons et moins bons, comme les problèmes de dos de papa Loup qui l’ont cloué et empêcher de se mouvoir à volonté durant des mois, puis l’opération, et les suite d’opération. 1 an en tout de souffrance pour lui, avec des conséquences sur le quotidien et aussi son humeur, car vivre en souffrant physiquement (et en culpabilisant de se sentir un poids pour sa meute et sa femme enceinte) ça joue sur l’humeur, forcément ! Quand tu ne peux pas porter la petite, quand tu ne peux pas jouer avec les enfants, quand tu vois tout le travail à faire au jardin et à la maison et que ton corps ne suit pas… Pas simple…

Mais ce quotidien nous l’aimons. Ce quotidien est aussi empli d’amour, de rire, de joie, de danses, d’émerveillement, de bonheur… Nous l’aimons… Il y a rien de plus beau que le regard de son enfant émerveillé et étincelant, que ses petits bras autour de notre cou, que ses « je t’aime »… L’enfant, son amour inconditionnel et toute son innocence. Rien de plus merveilleux et magique que de l »accompagner et être témoin des premiers sourires, des premiers pas, des exploits, des victoires, des découvertes etc. Le voir grandir. L’accompagner à grandir. Vivre. Aimer. Créer des souvenirs avec lui. Parce qu’un jour il partira, s’envolera et alors nous retrouverons une vie sans enfant.

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Mr loup nous a rejoins (de son plein gré : si si !) dans cette vie et en prime notre agrandissons notre Soleil, notre Meute avec un 3eme enfant. Car cet enfant, que ce soit clair : il est voulu hein. Il est le fruit d’un choix en conscience. De l’amour. Beaucoup. Des discussion. Des peurs. Un cheminement. Un retrait de stérilet. Des pleurs de déception devant des lunes mensuelles. Des pleurs de joie devant un test positif. Et une vie qui a encore commencé à changer, évoluer… parce que ce bébé on le désire tellement qu’on met toutes les chances de notre coté : moins de voiture pour maman Louve, plus de repos aussi. Plus de responsabilités et de prise en main de logistique par papa Loup, des rendez-vous médicaux en plus, des travaux en accélérés à la maison. Y a les joies des échographies de voir notre petite graine grandir, pousser, entendre son petit cœur et les larmes d’émotions qui coulent… Y a les soirées passées à caresser ce ventre qui s’arrondit, sentir bébé y onduler et jouer avec lui dans une belle connexion entre nous tous… Il y a l’attente impatiente de le tenir dans nos bras… Puis, une vie avec un bébé est encore différente, avec un autre rythme, d’autres contraintes, d’autres bonheurs…

Je suis devenue maman il y a 13 ans. Quand je repense à ma vie d’avant, pour rien au monde je n’en voudrais à nouveau. Elle était au finale si triste, si ennuyeuse, si nombriliste. Un enfant, puis un autre, et encore un autre, c’est un Soleil qui grandit, qui illumine, rayonne. C’est tout un monde, un univers qui s’ouvre, toute une aventure palpitante malgré tout ce qui pourrait passer pour du désagrément.

Devenir maman m’a permis de me découvrir. J’ai acquis une confiance en moi immense, une force intérieure qui me ferait abattre des montagnes. J’ai enfin aimé la Vie. Des prises de conscience, des maturations personnelles m’ont amener à découvrir la bienveillance éducative et alors soigner mon enfant intérieur, travailler sur moi, mes colères, mes blessures…. J’ai découvert le monde de l’instruction en famille avec toute sa stimulation et richesse intellectuelle et philosophique. J’ai découvert tout un tas de personnes géniales.

Parfois, je m’inquiète pour Mr Loup, lui qui avait une vie de célibataire un peu ours, il y a encore 2 ans, sans contrainte, sans responsabilité. Seul maître de son univers comme il dit. Est il réellement heureux ? Ne regrette t’il pas sa vie d’avant ? Sa réponse est souvent des larmes de joie dans les yeux, des bras tendres et aimant autour de moi et un « je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie et c’est grâce à toi, à vous. Quelle vie d’avant ? J’avais une vie avant ? »

Et là c’est en ce moment, un peu, parfois 😉
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>> J’aime beaucoup les dessins de Mathou  : http://www.crayondhumeur.com/ et sa page facebook

et ceux de Céline Charlès : http://www.kopines.com/

 

>> Et des articles de serial mother drôles, plein d’humour et de vérité aussi à lire

Quand l’enfant n’est qu’un rêve, on pense que ça ne changera pas grand-chose.
Que ce que ça changera est identifiable, quantifiable, gérable, « anticipable ».
Qu’on peut être bien préparé et ne pas être trop chamboulée.
On pense qu’on sait à quoi s’attendre.

À toi, l’adulte qui n’a pas d’enfant,
J’ai pas mal de choses à te dire.

Toi qui penses que par le maternage ou le paternage je gâte trop mon bébé...

3 commentaires

  1. C’est pas faux…sauf pour nous le côté un week-end de libre tout les 15 jours …😉
    On a bien pensaient à divorcer pour en bénéficier…😂😂😂😉😚

  2. MDR je déconseille, c’est d’autres soucis !!!! Puis là pour bébé il sera là non stop, d’ailleurs mini ne comprend pas pourquoi bébé n’ira pas aussi chez son papa avec elles 😀
    Des bisous à la tribue

  3. La relation que vous avez Mr Loup, vos filles et vous est magnifique, quel rayon de soleil cette lecture! 🙂
    Pour ma part, c’est du maternage « comme je peux », j’en ai qu’un, il déborde d’énergie et de curiosité, un vrai ourson sauvage, et moi je suis exténuée avec mes problèmes de santé. Alors je relativise. Ma devise « si ça lui convient à lui alors ça me convient à moi », voilà et la famille n’ose plus me dire grand chose sur ma façon de faire avec mon petit lol ^^

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