La naissance de #1, mon ainée

Je profite que ma puce dorme contre son papa dans la banquette pour vous narrer la naissance de #1.  Ce récit est aussi pour qu’elle sache que sa naissance fut merveilleuse…

Je sentais bien que ça me travaillait un peu depuis quelques jours : des petites douleurs de règles au bas ventre…Mais si peu… Ce 30 mars, au soir, j’avais bien une petite perte rosée dans ma culotte…Je commençais à avoir hâte… J’étais mitigée : extrêmement heureuse d’être enceinte et de la sentir vivre en moi, et en même temps je voulais la sentir se blottir dans mes bras, contre mon cœur…

Une voix me disait que c’était pour cette nuit… Mon homme a préparé les papiers, dossiers médicaux et la valise à portée de main, si jamais on devait partir dans la nuit en vitesse à la maternité… Je me sentais comme surexcitée et sereine à la fois… On se couche et s’endort.

Tout à coup je suis réveillée par un liquide chaud qui me coule dessus… 2 h 00 du matin… Je réveille mon homme : « Doudou, faut y aller, je perds les eaux ! ». Il se réveille et vérifie tellement il me croit pas…. Je n’ai aucune contraction, ni douleur. Une petite boule d’angoisse à l’estomac et un grand sourire béa sur le visage : bientôt je tiendrais ma fille contre mon cœur… On se lève, s’habille, je vais faire pipi et là rebelote, j’inonde le sol, une mare… Vite, mon homme – calmement – appelle la maternité : « On arrive, ma femme a perdu les eaux ». Il avance la voiture, met tout dedans, m’aide à m’installer à l’arrière, mi-couchée…

Je regarde dehors, le ciel est clair et dégagé, je vois les étoiles : la grande ourse… Je pense à ma fille qui arrive au monde, je suis heureuse…Dans la voiture je commence avec quelques douleurs au bas ventre comme des règles… de façon assez régulières… Je respire calmement, commence mes exercices de sophrologie, je me centre sur les étoiles, la grande ourse… Je fais du Reiki à ma puce… Je suis confiante et si sereine…

On arrive à la mater environ 20mn plus tard. La sage-femme qui m’accueille me dit avoir lu mon « projet de naissance »… Je suis rassurée. Elle me fais un monitoring et m’ausculte : je suis dilatée à seulement 1cm, col court… Nous n’en sommes qu’au début du travail… 2 heures plus tard : col à 2 cm court… J’ai des contractions régulières aux 3 minutes. La sage-femme m’annonce le changement d’équipe, et me dit que j’ai de la chance : « c’est Séverine qui va s’occuper de toi, elle sait pour ton projet de naissance et va bien te dorloter pour ton accouchement naturel… Nous, ça nous plaît de « travailler » ainsi… ». Séverine m’annonce la « couleur », tu as perdu tes eaux en premier. Le travail ira plus vite mais sera beaucoup plus douloureux, car ton bébé repose de tout son poids sur ton col…

Je fais les 100 pas pendant les contractions avec les exercices respiratoires, la sophrologie et l’aide de mon homme qui me guide en me chronométrant… Je lui dis « go » quand je sens la contraction arriver… Il chronomètre la montée de la contraction – tout haut – jusqu’au pic de la contraction 30 secondes plus tard… là où elle est la plus douloureuse… afin que je sache qu’elle va redescendre, la douleur avec… – « Go »… – « Aller ma puce, inspire, expire expire expire, longtemps, longtemps, plus que 20 secondes 10, 0… Détends-toi, elle descend 30, 20, 10, 0… elle baisse… Respire tranquillement… Tu as 2/3 minutes de répit… » Entre les contractions, je suis, les mains posées sur le lit, les fesses un peu en l’air, je me dandine d’un pied sur l’autre, ça fait du bien, me calme, aide à la détente et surtout aide ma puce à descendre dans mon bassin… Je suis en chambre vu que je ne voulais pas de péridurale, ni rien : accouchement naturel… Je bois quelques gorgées d’eau, sans trop… et mange quelques quartiers de citrons… ça désaltère bien, donne des vitamines et me fait du bien… Ils n’ont pas de baignoire mais je prends une bonne douche, en me suspendant à la pomme de douche à chaque contraction, mon homme est avec moi… Là aussi, il me chronomètre, je visualise les contractions et leur rythme… Ensuite, je suis assise aux toilettes, y a que là que je gère les douleurs… Séverine vient me faire mon monitoring sur les toilettes, pour vérifier si ma puce va bien… Tout est OK… Les contractions augmentent et sont plus rapprochées… Elle nous donne des conseils de postures et respiratoires… Toujours assise aux toilettes, je me suspends au cou de mon homme à chaque montée de contractions jusqu’au pic. Il me permet de m’étirer le plus possible… Il a mal au cou ! Il m’aide toujours à bien respirer en chronométrant… Ouf, je gère assez bien. J’arrive même à somnoler entre les 2/3 minutes de répit espaçant les contractions… Heureusement que mon homme est là. Il est serein et me transmet cette force tranquille… J’ai ma tête plaquée contre son ventre, il me caresse, m’aide à me détendre… attendant la prochaine contraction… Il me prévient qu’elle va arriver… Je me prépare mentalement et physiquement… Ma puce fait son chemin, elle aussi, c’est un « travail » d’équipe… Je pense à Elle, ça m’aide beaucoup…

Puis examen, 9h30, dilatée à 5 cm col effacé ! Le travail a avancé d’un coup…

On descend en salle d’accouchement… Je suis en fauteuil roulant… Je suis mi réveillée / mi endormie… Je suis en état de sommeil sophrologique… comme en hypnose… Je me repose entre les contractions… Séverine me branche juste au monitoring pour écouter le coeur du bébé… sinon rien d’autre, ni perfusion, ni rien… Séverine a tout préparé, au cas où… Moi je ne le sais pas… C’est mon homme qui me l’a dit, après coup… J’ai le droit au masque de gaz antalgique (tu inspires dedans pendant la montée de la contraction, ça calme un peu la douleur pendant 2 – 3 contractions. En fait, ça fait l’effet que t’as fumé un « joint »…)

Je suis en position assise sur le fauteuil d’accouchement. Je ferme les yeux… Puis tout à coup, grosse douloureuse contraction. J’inspire dans le masque… je me retrouve couchée sur la table d’accouchement, sous l’effet de la douleur… Je crie, j’ai mal, j’ai peur… Puis, encore deux ou trois contractions de la même intensité. Mon homme est près de moi… Je lui dis « je ne supporterai pas… je veux mourir… » Le gaz m’aide un peu… Mon CD de relaxation passe sur le poste… A un moment donné je chante… ça m’aide… Je somnole entre deux… les contractions s’enchaînent, je suis plus calme, je rentre dedans, je ne cherche plus à maîtriser, je me laisse aller…

Une autre grosse contraction arrive. Instantanément, je ressens le besoin de pousser, je contre, j’ai trop mal, faut que je pousse alors je laisse aller et pousse. Mon homme veut prévenir la sage – femme, elle arrivait au même moment… Elle me dit « Aller, c’est le moment ! Quand tu sens les contractions, tu inspires profondément, tu bloques et tu pousses » Elle propose à Cédric de mettre les gants pour mettre au monde notre puce lui-même… Il ne sait plus trop… Je pousse et pousse et repousse… J’ai l’impression que je n’y arriverai jamais… Tout mon sexe me brûle. Je le sens distendu, près de se déchirer… Je suis épuisée, j’ai mal et j’ai peur… Je ne sais pas pourquoi, cette peur, mais je la ressens en moi… Je le dis. Séverine me dit « C’est normal à ce stade… » J’ai l’impression que je vais me déchirer, ça me brûle tellement, une drôle d’impression sans mot… Séverine me dit que la tête arrive, elle la voit… Mon homme la touche… moi aussi… Il reste la longueur de mes doigts à parcourir à ma puce… Séverine m’avoue que je suis limite de la déchirure… Elle me rase, par prévention, calmement, juste au cas où.. Mais elle me dit « ça va aller, on va éviter ».  Elle demande à la puéricultrice qui l’assiste de remplir une bassine d’eau bouillante et d’amener un linge. Je ne découvre qu’à ce moment là qu’elle est là ! Elle m’applique le linge bouillant sur mon sexe et mon périnée. Cela me fait du bien, c’est dingue ! Elle dilate mon périnée, mon vagin au maximum, avec sa main… Elle me dit « c’est bien, tu es patiente, et comme tu es patiente tu vas y arriver… ». Je pense à ma fille, je ne veux pas qu’elle souffre… Si elle souffre, je veux l’épisio, qu’elle sorte au plus vite. Je demande à Séverine : «Comment va ma fille ? ». Elle me répond « Elle va très bien. » Cela me redonne des forces pour pousser… Séverine tient la tête de ma puce avec sa main dans mon vagin… Elle l’empêche de remonter quand je stoppe ma poussée… elle l’aide à venir… Mon homme m’encourage, me donne son bras comme appui pour mes pieds quand je pousse. Il m’encourage, me dit de me laisser aller, de pousser… pousser… pousser… « Stop, repose toi… Inspire, pousse, pousse, pousse… elle arrive… ». Moi je crie, je hurle à chaque poussée, je me lâche, ça me fait du bien… et me donne plus de force… La sage-femme lui dit de mettre les gants pour attraper notre puce lui-même… Ce qu’il fait… Il me dit « regarde, regarde sa tête… elle est là». J’ouvre les yeux, je LA vois, Elle a la tête dehors, le reste du corps encore dedans… Je suis toute émue, « Doudou, doudou, c’est la plus beau jour de ma vie ! » Je pousse encore…, encore… Cédric la prend dans ses mains, finit de l’aider à sortir de mon ventre. Il est ému. Il reste ainsi. Séverine lui dit de la poser sur mon ventre… Là, elle pousse son premier cri, là sur mon ventre… Enfin, un petit râle… Nous sommes heureux, émus, intimidés… Il est 10h42… Elle me sent, cherche mon sein et tète… Je la caresse… la regarde… lui parle… C’est le plus beau jour de ma vie… Pendant près de deux heures on reste ainsi, son papa aussi la caresse, lui parle… Elle nous regarde intensément et tète avec avidité… Puis, son papa la prend dans ses bras, la met sur la table d’examen près de moi, et aidé par la pédiatre et la sage femme, il la mesure, la pèse, l’essuie avec une serviette et l’habille… Moi je suis lavée un peu, hop en fauteuil roulant et on remonte tous en chambre… E dans les bras de son papa et moi poussée par la sage- femme…

Je remercie vivement Séverine pour la naissance d’E. Elle me répond que c’est nous qui avons tout fait… Peut être… en quelque sorte, mais je sais que sans Séverine, son calme, sa discrétion et son soutien… nous n’aurions pas été aussi sereins et acteurs. Nous avons eu le droit à un super accouchement : comme un accouchement à domicile mais à l’hôpital !! C’était merveilleux…

Le lendemain, C. a été « félicité » par les sages-femmes… « Monsieur, il parait que c’est vous qui avez tout fait, qui avez assisté votre femme… Vous pouvez venir travailler ici quand vous voulez… » Et c’est vrai… Merci d’avoir été là, ainsi… et d’avoir mis ta fille au monde…

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