La naissance de #2

J’avais imaginé sa naissance tout en douceur, paisible et sereine au sein du cocon de notre maison… comme la naissance de #1 mais sans rupture du continuum inhérent à l’accouchement en structure… il en fut tout autre… Cet accouchement a été extrêmement rapide, fort, violent, ténébreux. Quand je dis violent, je ne pense pas agressif, mais si intense… intense en rapidité, intense en sensations physiques, intense en émotions…

J’étais donc à terme – samedi 6 octobre 2012 – j’étais suivie toutes les 48h depuis une semaine à cause d’une erreur de terme d’une semaine. Ce matin là, je suis allée faire mon suivi à Guéret et j’ai fait une tentative de décollement des membranes, mon col y étant favorable et craignant de dépasser les 42sa… et donc déclenchement artificiel en mater…

J’ai hésité toute la nuit : décollement ou non ? Puis je me suis dit que de toutes façons, si le moment de sa naissance n’était pas venu, cela ne marcherait pas… alors autant tenter…

Le monito et l’écho avaient dit que tout était ok… le décollement des membranes a été quasi indolore, un toucher vaginal un peu plus appuyé… Le monito a ensuite enregistré des contractions… Nous sommes rentrés chez nous… dans la voiture mon col me tirait un peu, mais rien de bien méchant. Puis ensuite plus rien.  J’ai pensé “bon, bien le décollement, c’est foiré”. J’ai appelé Chantal ma sf, comme prévu, lui donner les résultats de l’hosto et je lui annoncé qu’au final j’avais fait le décollement. elle me dit “surtout si ça te prends, tu m’appelles direct, quand tu en es à toutes les 15 minutes, t’attends pas les 5 minutes, tu sais que j’ai 3 heures de route !! à moins que tu commences direct en intense comme pour #1 !! ” Moi : “Oui oui t’en fais pas !!” En fin d’après midi, nous sommes allés chez une amie, non loin, histoire de se balader un peu et que je ne cogite pas trop… Je n’avais alors aucune sensation, ni contraction ni élancement dans le col. J’étais un peu déçue…

On rentre chez nous. Le chien était couché sur son tapis et n’arrêtait pas de geindre sans raison… Aux alentours de 20h00, je m’assois en tailleur dans la banquette pour lire le livre prêté par mon amie Julie sur la naissance orgasmique… J’ai sentie un énorme élancement dans le col. Je me relève, je marche. Dans la foulée, je me couche sur le côté dans la banquette à nouveau avec mon livre, attendant que le repas soit prêt. Mais je me suis relevée aussi sec : super douleur intense à nouveau dans le col me rendant incapable de rester en place, de parler, voire de respirer… et encore une troisième fois.

Le papa me dit “j’ai l’impression que ces 3 fois étaient bien rapprochées, tu vas accoucher ! je vais chronométrer pour voir, pour appeler Chantal si c’est régulier, vaut mieux qu’elle vienne pour une fausse alerte qu’en retard”. Je lui dis ok. A nouveau 3 intenses élancements dans le col se sont produits durant 1 minute chacun, espacés de 5 minutes. Le papa me dit “tu es à 5 !! faut appeler Chantal tout de suite, tu lui dis que tu accouches ! et appelles Chantal G (mon amie qui devait venir pour être avec #1 et nous assister si besoin)”. J’appelle ma sf, je lui dis “j’ai des super élancements dans le col toutes les 5 minutes depuis 20 minutes à peine, ça m’en coupe la parole et le souffle. ça m’a pris d’un coup avant y avait rien de rien !!” Elle me dit “écoute je viens !! je pars”. Puis j’appelle Chantal mon amie. On convient que je la rappelle quand cela se confirmera, vu qu’elle vit à 20 minutes d’ici, cela ne sert à rien qu’elle arrive trop tôt !

15 minutes plus tard, cela devient de plus en plus intense. J’ai très mal, j’ai le sentiment que ça accélère. Les contractions durent plus longtemps, elles me sèchent totalement. Ma #1 est toute excitée, elle décide que c’est jour de fête, décore la maison, saute partout. Cela me stresse. Je lui donne du rescue (fleurs de Bach) et appelle mon amie qui était déjà prête en fait, sans attendre mon appel. Elle se doutait….. elle a un 6ème sens… Durant ce temps, le papa m’aide à préparer notre nid à l’étage. Une bâche au sol pour protéger le parquet, mon tapis de yoga, des alèses jetables, des coussins partout etc…

Mon amie Chantal G arrive… Je suis déjà mal… Les contractions s’enchaînent déjà toutes les 3 minutes. je suis sur les toilettes dans la salle de bain. je me vide. Le papa est avec moi. Ma #1 au salon avec mon amie Chantal à qui je n’ai pas eu le temps ni la possibilité de dire un réel bonjour. Je me suspends au cou du papa à chaque contraction, comme pour #1. Mais cela ne m’aide pas, cette fois ci. J’ai mal, très mal, c’est si intense, si rapide, si rapproché… et j’ai mal aux reins…. Si mal aux reins… J’essaye différentes positions, toujours aux toilettes, vu que je me vide… mais aucune ne me soulage. Je tente de respirer profondément entre chaque contraction, mais elles sont si rapprochées, si intenses, que je n’ai plus de répit et cette douleur aux reins qui, elle, ne stoppe pas entre les contractions.. Mon dieu, j’ai mal !!!!!!!!!!! Aidez moi !!! Je crie, je supplie…  Je cherche un rythme pour entrer en transe, mais je n’y arrive pas… Je fais mes exo d’hypnose, généralement si facile, sans succès… “A chaque contraction je suis de plus en calme et détendue : mon cul oui !!!” Je me fais de reiki, je me connecte aux maîtres ascensionnés, j’appelle St Germain et Mickaël le protecteur. Cette intensité me fait peur… si peur que je la refuse….

Le papa me propose qu’on aille à l’étage.. On y avait préparé notre cocon…. Mais je ne peux pas. J’y suis mal et j’ai besoin des toilettes. et je ne sais pas, je ne sais plus rien, juste cette douleur dans les reins me laissant sans répit, ce besoin de marcher, d’hurler, cette absence de rythme qui m’avait tant soulagée, aidée, soutenue pour #1 et mise en transe. Là pas de transe… je suis là, bien là… Je décide de rester en bas définitivement. Mon amie, je crois, prépare donc mon matelas de yoga en bas, enfin je crois que c’est elle à ce moment qui descend ce que nous avions préparé en haut… Mais je ne suis plus sûre.. Je n’étais plus si présente au final.. et elle reste avec ma #1 en haut à … jouer ? parler ? j’en sais fichtre rien !! Mes jambes tremblent “Doudou, j’ai mal, aide moi !!! c’est normal ?? c’est rapide, non ??” lui “Oui tu es à peine à 2 voire 1 minute…. Je veux t’aider mais je ne sais pas comment….” A chaque contraction, chaque prise de rein je hurle “doudou viensssssss”. Je me suspends à son cou, mais ça ne tire pas assez, alors je me laisse m’accroupir les fesses presque au sol en hurlant mes tripes “doudou j’ai maaaaaaaaaaaaaaaaaal et avec des énormes grognements, des râles et je me mets à hurler MAMAN MAMAN MAMAN”. Je crie “#1 n’aies pas peur, je vais bien, ça me fait du bien de pleurer, de hurler… je t’aime”. Et cela s’enchaîne contraction sur contraction, mes reins explosent sans repos…. Le papa a attaché l’écharpe de portage de #1 à la poutre pour voir si m’y suspendre m’aiderait.. Le papa regarde sa montre, il attend Chantal, la sf.. C’est que dans mes hurlements, mes accroupissement,  je hurle, “ça pousse, ça pousse.. et je pousse et grogne et continue de hurler MAMAN MAMAN MAMAN j’ai mal MAMAN… putain de merde, putain de merde…” Et je tape le papa sur la poitrine lors des quelques secondes de répit, j’ai si mal aux reins… et j’appelle ma fille… je pense à elle, au chemin qu’elle fait elle aussi.. ça m’aide…. Je me suspends à l’écharpe… J’ai mes avant-bras posés dedans, penchée en avant, jambes fléchies…. je me balance d’un pied sur l’autre en rythme, je chante mon mantra mis sur le poste.. Je crie « faut être trop conne por pas vouloir de la péri ! Puis je ris au milieu de mes larmes « pourquoi je dis ça ! ah ah ah « …. Cela se calme… il me masse le sacrum à l’arnica weleda, il l’étire et ça me fait du bien. Tout a coup je pense à Chantal ma sf : ” il est quelle heure ?” dans mon programme interne, elle serait là pour la poussée, il ne pouvait en être autrement, j’en avais la certitude… “il est quelle heure doudou ? Chantal est partie à 20h30..”. Lui : “elle arrive bientôt, encore 15 minutes”. Moi “ok”… Les contractions reprennent de plus belle, ça pousse… Je m’accroupis suspendue à l’écharpe en grognant-hurlant “ça pousse”. Le papa se penche et regarde mon sexe, je lui dis “non ça pousse pas là, ça pousse dans moi, faut que je pousse, elle descend, elle descend mais pas encore là !!!!!!!!!” et j’appelle encore E. dans mes grognements, et maman maman !!!!!!! je dis “appelle Chantal demande où elle est” mais le portable reste sans réponse. Le papa : “ça ne doit pas passer c’est qu’elle arrive” il regarde l’horloge, il sait lui à quelle heure elle va arriver. Et je crie, tjrs suspendue, en pleurs” maman maman…” Le papa me dit “Elle arrive, j’ai vu des phares !”.

Chantal passe la porte, elle échange des mots avec le papa, puis me fait un toucher pendant mes secondes de repos… “tu es à 9 presque 10, il reste un petit rebord de col..” et je pousse, ça pousse mais dans mes reins… Elle m’installe à 4 pattes au sol sur mon tapis de yoga, une chaise et un coussin devant moi pour que je m’y affale lors des répits. Le papa me masse en 8 les reins sur ses conseils, je pleure, je hurle, j’appelle ma mère… je pense à ma puce, à E… puis je pousse… Je pousse… J’aide E à descendre, s’engager bien… en expirant… Chantal m’encourage de sa douce voix… Chantal écoute le coeur de ma fille : ” parfait !!”  et Chantal “t’as perdu les eaux ?” “non non !!!” “je vais te percer la poche ça va t’aider”. Elle m’installe sur son banc hollandais, Le papa assis sur la table basse derrière moi en soutien… elle me dit : “tu vas voir, un liquide chaud va couler ça va te soulager, c’est agréable et  tu vas sentir ta fille descendre”… putain oui le liquide chaud, mais la descente d’E a été plus qu’intense, j’ai redoublé mes hurlement-grognements, je la sens s’engager d’un coup… Chantal réécoute le coeur “il ralentit”. J’ai peur pour ma fille !! « Elle va bien, elle va bien ??” – “c’est normal… respire, respire… inspire par le nez… profites des répits… respire par le nez profondément pour aider ta fille !!! pense à elle.. aide là…  c’est bien, c’est parfait, voilà, laisse toi aller… ” et je me laisse aller, je me détends… le coeur est à nouveau parfait… Le papa “c’est calme” – et moi ” c’est avant la tempête”. Chantal a eu les mêmes mots en même temps… je sais que ce calme, cette pause annonce une autre étape : l’expulsion et tout à coup ça pousse, je pousse, je pousse… Chantal me dit “pas dans la gorge… va au fond de toi”, et je pousse à nouveau, enfin je me laisse entraîner par la force intense de la poussée et l’accompagne de tout mon être… je pousse, j’ai le sentiment d’une poussée interminable et je sens mon anus s’étirer comme si ma fille allait sortir par là, j’ai comme l’image d’un ballon de baudruche qui se gonfle se gonfle et s’ouvre.. et je crie “je vais faire caca” (et en fait, non !) Chantal : “c’est bien vas y c’est pas grave” et je pousse toujours, et je sens comme ce ballon qui explose et c’est agréable et je sens la tête de ma fille glisser, sortir et Chantal me prend la main et la pose sur la tête de ma fille “accueille là avec la main, accueille là avec la main !!” et je sens sa tête… moment de repos… attendre la prochaine contraction-poussée qui fera glisser le reste de son corps hors de moi… Le papa lors de la poussée a crié “#1 vite viens dans l’escalier” … elle voulait voir…. de l’escalier elle voit mais avec un recul, Chantal mon amie avec elle… je vois sa bouille vite fait au milieu de mon brouillard… Chantal direct dit “elle a le cordon autour du cou” elle fait la manœuvre pour le lui ôter (je me dis : pas grave) et là elle s’exclame “mince elle a une épaule de coincée (je sais ce que cela veut dire, j’ai lu à ce sujet… urgence…). Chantal : « il faut qu’elle sorte de suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!”. “ça pousse pas, ça pousse pas !!!”. Je pousse mais pas assez efficacement vu que pas encore cette contraction-poussée naturelle qui arrive normalement 1/2 minutes après l’autre… Chantal crie (?) “faut l’aider, faut pousser sur son ventre. chantallllllll vite viens on a besoin de toi.” (Le papa étant derrière moi en dossier ne peut pas assez pousser efficacement, il est trop loin de mon ventre). “qu’est ce que je fais ?” ” pousse sur son ventre. Aller on y va !!!!!!!!!!!” je pousse du plus profond de mes tripes…. j’appelle “EEEEEEEEE” Je sens les mains de Chantal, mon amie sur mon ventre, elles sont fraîches, douces, amour, je les sens pousser et accompagner ma poussée, le papa a les mains sur les côtés de mon ventre et pousse aussi,  et je sens le corps de ma fille qui se glisse hors de moi… je suis soulagée, elle est sauve. Lors de ce millième de panique j’ai crié intérieurement “déchiquette moi mais sors ma fille”, je me suis retenue de le hurler car je me suis ressaisie et ai gardé mon énergie pour me connecter à ma fille et sur ma poussée salvatrice… Chantal a vite posé Eau sol. Puis, elle masse E, la frictionne “aller bébé aller bébé !!! « vite mon oxygène, va chercher dans ma voiture ». Chantal G ne savait pas ou était la voiture. Le papa “j’y vais”. J’avoue ne pas m’être rendu compte que le papa y soit allé, j’étais dans mon brouillard d’hormone, je regardais ma fille. Moi “elle bouge elle bouge”. Elle m’a mise E sur moi, contre mon sein. Je lui caresse les cheveux avec un “merci, merci, merci”. Chantal m’a vite regardée, je saignais pas mal. Chantal a voulu que #1 attende avant de venir, que le placenta soit sorti et la pièce “nettoyée”, craignant que le sang la choque. Puis elle voulait que tout soit vraiment terminé, donc que la délivrance soit faite. Chantal me dit de rester centrée sur ma fille, lui donner le sein, ne m’occuper de rien d’autre. Le papa coupe le cordon qui ne bat plus. Puis Chantal tire un peu sur le cordon relié au placenta, mais il est bien attaché. Chantal a l’air un peu inquiète. Mais pour moi, le plus important est ok, ma fille va bien… Elle attend que les contractions reviennent. Elles reviennent d’un coup, sont fortes, elle masse, je pousse, le placenta se décolle, glisse, sort : splatch dans la gamelle de cuisine et Chantal s’exclame ” waouuuuuuuuu qu’il est gros, elle a été bien nourrie, tu m’étonnes que c’est un gros bébé ! “. Elle vérifie si je ne saigne pas trop, masse mon ventre, entre deux rangements, nettoie un peu pour que #1 puisse vite venir… Le papa et #1 sont près de moi. Ma #1 avait un sourire comme je ne lui en avais jamais vu… et les larmes aux yeux… “elle est belle, maman, E ma petite sœur  !” et elle la caressait… Chantal m’annonce que j’ai déchiré, va me falloir des points. Je n’ai rien senti de cette déchirure, les Chantal en sont étonnées. Je pense que j’ai déchiré au ballon de baudruche qui a éclaté et qui m’ a fait du bien ! Chantal attend que nous ayons fais bonne connaissance avec E et qu’elle tète bien pour me recoudre, afin d’être certaine que je ne fasse pas d’hémorragie, j’ai pas mal saigné. Mais elle ne veut pas trop tarder non plus car l’anesthésiant n’endort que les chairs et pas la peau… donc elle veut me recoudre tant que ma vulve n’est pas trop réveillée… elle me dit aussi que j’ai un super œdème… #1 prend E… Chantal me nettoie, je suis moins déchirée que ce qu’elle pensait et les muscles ne sont pas touchés, seul un peu de chair du vagin et 2 point de peau (3 points en tout) : Ouf. j’ai surtout senti un point de peau mais supportable, Chantal “tu es courageuse car celui là…”

Elle pesait 4kg pour 55 cm, 35cm de périmètre crânien… un beau bébé

A 4 jours, elle a déjà dépassé son poids de naissance… Ma montée de lait est arrivée le lendemain au soir tellement elle tète… et le lien est bien là…

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